Disney, vin pis gendarmes

Disney, vin pis gendarmes

Jean-Louis & Bruno @André Lapointe

Une nouvelle aventure débute (en mode pantoufles)

Aujourd’hui, pas de marathon touristique ni de sprint entre deux musées : j’ai décrété une journée “repos de pieds”. Parce que bon, à force de jouer au globe-trotter, j’ai presque les mollets d’un cycliste du Tour de France. Et puis, dans un voyage, si tu prends jamais le temps de relaxer, tu finis par confondre la tour Eiffel avec un lampadaire.

Bon, j’ai pas rien fait non plus, faut pas exagérer. J’ai quand même mis le nez dehors pour aller à la station de métro acheter mes billets de RER pour Disneyland. Pas donné l’affaire : 76 francs français ! Pour ce prix-là, j’espère que Mickey va me faire un câlin.

Ensuite, petite mission Champagne — non, pas pour fêter quelque chose, juste pour vérifier les prix (spoiler : ça coûte un bras). Puis direction la buanderie, parce que même en vacances, les bas finissent par se rebeller. Et là… surprise : faire son lavage à Paris, c’est pas loin d’un luxe. Presque le même prix qu’un brunch dans le Marais.

Après tant d’émotions (et de bulles de savon), retour à l’appartement pour une sieste bien méritée, en attendant l’arrivée de Marc. Une fois les batteries rechargées, je suis ressorti manger un morceau, puis j’ai pris un verre, histoire de faire descendre tout ça.

Soirée tranquille, pas de rebondissements hollywoodiens. Juste une bonne nuit de sommeil pour finir la journée du jeudi 19 août, en beauté.
Côté budget du jour : 108FF. Côté soleil ? Parfait. Côté pieds ? Reconnus d’intérêt public.

Le château de Disneyland Paris @André Lapointe

Disneyland Paris : la grande expédition

Enfin ! C’est aujourd’hui que ça se passe : Disneyland Paris, me voilà !
Direction le RER A pour aller chez Jean-Louis, un ami rencontré sur un forum (comme quoi, internet, ça crée des vraies affaires). Il devait venir me chercher à la gare de Torcy, et pour qu’il me repère facilement, je lui avais mentionné mon sac avec un beau drapeau du Canada cousu dessus. Niveau camouflage, on repassera.

Quand il est entré dans la gare, il a tourné autour de moi comme un faucon autour de sa proie. Puis il a lancé :
— “André ? C’est toi ?”
Et lui, il portait son chandail des Habs ! Disons qu’on ne passait pas inaperçus, les deux.

On a filé vers son appart, où j’ai rencontré David, son copain. Super gentils, les deux. Ils m’ont offert à manger (et pas juste des chips, je te rassure). Et juste quand on pensait que c’était relax, voilà que leurs voisins débarquent pour le dessert : Nadia et son chum-dont-j’ai-déjà-oublié-le-prénom. C’était bien l’fun. On a jasé, David les a invités pour le souper.

L’après-midi ? Techno. Jean-Louis m’a gentiment laissé utiliser son ordi pour “mes affaires”. J’ai probablement ouvert Hotmail. Ou Napster. (C’était une autre époque, hein.)

Un peu avant le souper, Nadia est revenue, et après avoir bien mangé, vers 22h00, on est allés faire un tour au Disney Village.

Premier arrêt : le Billy Bob’s, un bar country. Et là, surprise : Jean-Louis est fan de country. Oui, oui. Il connaissait les chansons, les pas de danse, tout le kit. On a regardé le show, c’était vraiment l’fun. Il nous a même payé la traite. Deux fois ! J’te dis, on était traités comme des princes.

Bon, je ne veux pas exagérer, mais à un moment donné, j’ai vu deux Albertains en habit traditionnel qui titubaient pas mal. Soit les drinks étaient forts, soit j’avais trop de bulles dans les yeux.

La soirée aurait pu s’arrêter là… mais non ! Nadia nous a invités à prendre un dernier verre chez elle : une liqueur de café froid avec de la crème glacée. Et là, mes amis, c’était le paradis.

Nadia & Jean-Louis @André Lapointe

On a parlé de bouffe (comme tout bon Québécois en exil), et je lui ai donné la recette du pouding chômeur. Simple, efficace, délicieux. Le genre de dessert qui te fait oublier l’inflation. En plus, David avait reçu un livre de recettes québécoises en cadeau, alors c’était thématique. On a aussi parlé de la tarte fraise-rhubarbe (apparemment, ici, la rhubarbe, c’est exotique ?).

En résumé : Jean-Louis, David et leur gang sont adorables. Et cerise sur le sundae, ils m’ont préparé une chambre juste pour moi. Enfin, celle de leur pensionnaire en congé, mais bon, on va dire que j’ai eu la suite présidentielle. 😄

Réveil à 8h30, douche expresse, café (mental), et c’est parti pour une nouvelle journée de folie. Direction Disneyland Paris avec Jean-Louis et…rebondissement… Bruno, le fameux pensionnaire dont j’ai piqué la chambre. (Ah, et accessoirement, c’est aussi l’ex de David. Oui, ça reste en famille.).Pendant ce temps-là, David reste à la maison. Peut-être pour éviter un malaise diplomatique ? Qui sait?

Arrivés au parc, Jean-Louis fait un petit détour par la billetterie, où bosse son frère Patrick. Et là… magie Disney : on entre gratis ! Si ce n’est pas de la belle solidarité fraternelle, je ne sais pas ce que c’est.

La belle et le Bête @André Lapointe

Dès les premières secondes dans le parc, c’est féérique. Les couleurs, les musiques, les odeurs de pop-corn à 68FF… tout y est. Bon, Space Mountain, c’est pas mal moins féérique quand tu vois la file d’attente de 1h30. Jean-Louis et moi avons attendu bravement. Bruno, lui, a passé son tour. Il a préféré garder ses organes internes à leur place.

Ensuite, direction “Chéri, j’ai rétréci le public”. Franchement, c’était super cool. On aurait dit que j’étais devenu un grain de riz devant un ado surexcité devant son Game Boy.

On a enchaîné avec quelques classiques : Star Tours, It’s a Small World (et sa chanson qui reste dans la tête pendant 72h), et d’autres joyeusetés dignes de mon “déjà-vu” californien à Anaheim.

Pour le lunch, direction le Videopolis, où un spectacle de Mulan était prévu. Mais attention : si tu veux une table bien placée, faut avoir mangé au resto d’à côté. Et devine quoi ? Nous, on avait ! Sauf que le gars à l’entrée, visiblement pas au courant de notre planning stratégique, nous sort un :
— “Non, faut passer de l’autre côté.”
Et Jean-Louis, avec un aplomb de comédien du Théâtre du Soleil, réplique :
— “Nos copines nous attendent déjà à l’intérieur !”
Hop ! Le gars nous laisse passer. Comme quoi, l’art du bluff fonctionne même chez Disney.

Le show de Mulan ? Excellent. Les acrobates faisaient des trucs que je n’arrive même pas à faire en rêve.

Moi, en 1999 @André Lapointe

Puis retour aux manèges : Manoir Hanté, et compagnie. Mais pas de Pirates des Caraïbes, malheureusement. Le bateau avait coulé (bon, pas littéralement, mais le manège était en panne). Tristesse.

Vers 18h00, on quitte le parc. Jean-Louis et David avaient un souper chez une amie, et moi, j’étais censé retourner à Paris. Sauf que J-L me sort un :
— “Hey, pourquoi tu restes pas une nuit de plus ?”

Moi, bien élevé (et un peu gêné de squatter), je lui réponds que Bruno doit récupérer sa chambre.
Lui :
— “Bah, vous n’avez qu’à la partager !”
Et voilà. Me voilà coloc d’un soir avec l’ex de David. Sympa, non ?

On est ensuite allés chez Martine et David (oui, encore un David… y’en a partout ici, c’est comme les baguettes). Et là, on a mangé et bu comme si demain n’existait pas.

Au menu : fromages en tous genres — lait de chèvre, camembert, et un bleu qui ressemblait à une expérience de chimie oubliée dans un frigo. Mais honnêtement, le fromage de chèvre, c’est la vie.

Côté boissons : vin, vin, et encore du vin. Du blanc, du rouge, du rosé, du français, du portugais, même du grec… On dirait que leur cave à vin est branchée sur une source naturelle.

Vers minuit, retour à la maison. Enfin, c’est ce qu’on croyait…
Sur la route, barrage routier.
L’ambiance dans la voiture est passée de “La Vie en rose” à “Urgences” en 3 secondes. Jean-Louis avait bu un bon paquet de verres (genre, une bouteille complète au souper) mais avait quand même réussi à faire une sieste avant de prendre le volant. Le combo gagnant ?

Un gendarme s’approche :
— “Bonsoir. Vous avez bu, monsieur ?”
Jean-Louis, stoïque :
— “Trois verres de vin blanc.”
Le flic :
— “Vos papiers ?”
Jean-Louis :
— “Euh… mon permis est resté à la maison.”
(Déjà, ça sentait le sapin.)

Puis arrive le test de l’alcootest. Jean-Louis souffle dans le ballon…
Résultat : 0.00%.
ZERO. POINT. ZÉRO.
Même pas 0.05% — la limite autorisée en France. Nada. Que dalle.

On s’est regardés comme des co-conspirateurs dans un film de Scorsese.
Le gendarme, blasé :
— “Bon… vous pouvez y aller.”

Jean-Louis m’a soufflé qu’en réalité, le flic cherchait de la drogue, pas de l’alcool. Et comme il n’avait rien trouvé, il n’a même pas voulu refaire le test.

On l’a échappé belle. Je vous jure, même les manèges de Disney m’ont pas fait autant suer.

Ce matin, réveil en douceur à 10h45… et franchement, ça fait un bien fou. Faut croire que partager un lit, ça a ses avantages. Je ne sais pas si c’est le matelas, Bruno ou les litres de vin de la veille… mais j’ai dormi comme une bûche.

Martine, Bruno, Jean-Louis, Rémi et david @André Lapointe

Petit déjeuner tranquille, douche express (faut pas gaspiller l’eau chaude des autres), puis session Internet avec Jean-Louis. Oui, Internet, cette chose lente et bruyante qui faisait crrrr-krrrr-bip-bip quand on se connectait. J’en ai profité pour envoyer quelques courriels — eh oui, pas de Facebook, pas d’Instagram, pas de selfie avec filtre… on faisait avec ce qu’on avait !

Vers midi, Martine débarque pour le dîner (oui, ici dîner = midi, faut suivre), et hop, c’est reparti : fromage, vin, discussions… et re-vin. On a refait le monde entre deux bouchées de camembert.

Puis Nadia et Patrick sont venus faire un tour. Et tu devines la suite ? Exact : encore du vin. Je commençais à soupçonner que ces gens avaient des raisins dans les veines.

Martine a alors eu une idée sortie de nulle part : aller visiter un château. J’ai oublié le nom (merci, vin), mais je me souviens qu’elle a dit qu’il avait été construit par Louis XIV pour sa maîtresse. Une version « compacte » de Versailles, genre Versailles Mini. Et tu sais quoi ? Je l’ai trouvé presque plus joli que le vrai. Moins tape-à-l’œil, plus charmant. Et pas de foule de touristes qui veulent absolument prendre une photo devant chaque buisson.

Mais le plus le fun, c’était Rémi, le beau-fils de Martine. Ce petit bonhomme est un vrai soleil, trop gentil et plein d’énergie. Et Martine avec lui, c’est comme voir une maman poule avec son poussin. Touchant, drôle, naturel.

Ceci dit, Jean-Louis et David, eux aussi, savent faire rire. Ils n’ont pas volé leur place dans cette troupe de bons vivants !

Après ce bel après-midi, l’heure du retour a sonné. Il fallait rentrer pour que je prépare mes trucs, dire mes au revoir… mais surtout, adresser un grand merci à mes hôtes. Jean-Louis, en particulier, a été incroyable. C’est rare des gens aussi généreux, aussi simplement.

Et me voilà à la gare, sur le quai, en attendant mon RER direction Paris. Fin de l’escapade chez Jean-Louis & Co.

De retour à Paris, chez Marc, je prends une bonne douche — parce que bon, visiter un château, ça fait transpirer — et je file à l’Open Café pour ma traditionnelle dernière bière de la journée. Une bière. Pas de vin. Il fallait marquer le coup.

Aujourd’hui, j’ai perdu contact avec Jean-Louis. Le temps passe, les chemins se croisent, puis s’éloignent… C’est dommage. J’aurais aimé le retrouver, jaser de tout et de rien, voir où la vie l’a mené. Mais c’est ça, la vie : certains restent, d’autres passent. Ce qui compte, c’est d’avoir partagé quelque chose de beau.

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