
Réveil tranquille à 9h00 ce matin, le temps de finir ma valise et de jeter un œil à la télé jusqu’à 11h15. C’est l’heure de partir vers la gare, parce que mon train, l’Eurostar, est prévu pour 13h04.
Du haut du 3e étage, j’ai descendu ma maudite valise — et c’est reparti pour trimballer ce boulet jusqu’à la station de métro la plus proche. Évidemment, encore des marches à monter, à descendre… et toujours avec la valise collée après moi.
Arrivé à la Gare du Nord… victoire ! Ici, il y a des escaliers mobiles — ou comme disent les Français : un escalateur.
Une première pour moi : passer la douane… à la gare ! Puis attente du train, qui est arrivé pile à l’heure. Pendant le trajet, le conducteur nous a indiqué l’heure locale à Londres pour qu’on règle nos montres — chose qu’on ne fait probablement plus en 2025. Rappel : Londres est une heure derrière Paris et cinq heures en avance sur le Canada. Et au passage, j’ai vu défiler plein de moutons dans les champs.
À l’arrivée, je file au bureau du tourisme pour demander comment rejoindre mon hôtel. Oui, à l’époque, pas de Google Maps dans nos poches. Et honnêtement, rien ne bat une vraie personne locale qui te donne des bons conseils. Sauf que… le métro de Londres, c’est un vrai casse-tête. Et en bonus : y’a des souris. Ah, et l’accent britannique… faut s’habituer, disons.
Finalement devant mon hôtel, je sonne. La fille me demande mon nom, m’ouvre, m’amène à ma chambre… et hop, elle disparaît. Pas eu le temps de lui poser une seule question. Et on parle bien d’un hôtel, pas d’une chambre chez l’habitant.
Installé, changé, et direction Oxford Street — la grande rue commerciale de Londres. J’ai marché, marché… et marché encore. Ici, quand on traverse la rue, faut absolument regarder à droite avant à gauche. C’est même écrit sur le sol, mais mieux vaut faire attention si tu veux pas te faire frapper par un bus rouge à deux étages ou un taxi noir.
J’ai ensuite fait un classique : un appel dans une cabine téléphonique rouge. Puis direction le West End, le quartier des théâtres. J’ai croisé les affiches de Les Misérables, La Belle et la Bête, Mamma Mia! et plein d’autres. J’ai aussi repéré l’endroit où on peut acheter des billets à moitié prix… à revisiter demain.

Pour clore cette première journée londonienne : une bière dans un pub. À l’entrée, contrôle du sac à dos — normal, car en avril 1999 il y avait eu trois attentats à la bombe commis par David Copeland, alias le “Nailbomber”.
Après ma pinte, retour à l’hôtel. Demain, ça continue…
Ce matin, réveil à 7 h pile. Comme le déjeuner ne commence qu’à 7 h 30, je reste tranquille dans ma chambre, musique dans les oreilles, en mode douceur matinale.
Quand j’arrive enfin dans la salle à manger, le gars au service — avec son fameux accent — me demande si je veux du thé ou du café, des céréales… jusque-là, tout va bien.
C’est là que ça se gâte.
Il m’enchaîne avec une question sur le jambon, les saucisses et les œufs… et là, blackout total. Zéro compréhension.
Et comme si ce n’était pas assez, il me demande ensuite si je parle français.
Et moi, grand champion :
— “Little bit…”
Moment de honte absolue.
Je me reprends aussitôt, mais trop tard : j’aperçois son petit sourire moqueur en coin. Touché.
Juste à côté de moi, une Française déjeune avec son petit-fils. Elle me demande d’où je viens. Quand je réponds Montréal, elle me dit que son frère habite en banlieue de Montréal, dans une ville dont le nom contient le mot « France ».

Ma première pensée :
Le Plateau ?
Mais je me retiens (miracle) et je réponds simplement :
— Désolé, je ne sais pas.
Après le déjeuner (ou le petit-déjeuner, comme on dit ici), je demande au serveur — toujours un peu moqueur — où se trouvent les douches, puisque ma chambre n’en a pas. Il m’indique le chemin.
Une fois bien propre, direction la station Circus Circle pour échanger mon billet de métro. Ici le métro qu’on appelle l’Underground… ou le Tube.
Prochaine étape : Buckingham Palace pour le changement de garde.
Mauvais timing : trop de monde, trop tard. Je n’en vois qu’un minuscule aperçu.
Je poursuis ensuite vers le Half Price Ticket Center pour acheter des billets de spectacles :
Saturday Night Fever pour ce soir
Miss Saigon pour demain
Je rêvais de voir The Phantom of the Opera, Mamma Mia ou Whistle Down the Wind, mais tout est complet. On me propose Les Misérables, Cats ou Chicago. Je décline… j’y retournerai samedi. Peut-être Chicago ou The Blood Brothers.

Sur le chemin du retour, je fais un peu de magasinage et — moment mythique — je monte enfin dans le fameux bus rouge à deux étages de Londres.
Il me dépose près de Hyde Park, tout près de Marble Arch, là où se trouve mon petit hôtel.
Je m’assois sur un banc, j’écris ce carnet de voyage… puis retour à l’hôtel pour me préparer pour le show du soir.
🎶 And we’re stayin’ alive, stayin’ alive… 🎶
Même si j’étais placé dans la pit, j’ai ressenti toute l’énergie de Saturday Night Fever. Les danseurs sont incroyables, l’éclairage est spectaculaire et le théâtre magnifique. Un show que tout le monde devrait voir.
Fait cocasse :
on peut louer des jumelles directement à son siège. Tu mets des livres sterling, tu prends les jumelles, tu regardes… puis tu les remets. Bizarre, mais franchement pratique.
Après le spectacle, vers 22 h 30, retour à l’hôtel pour un bon dodo.
Le lendemain, je pars visiter Hyde Park, immense comme pas possible, puis le Royal Albert Hall, une vraie légende, un peu comme le Carnegie Hall de New York.
Je poursuis vers Buckingham Palace, Westminster Abbey, le Big Ben et le Parlement.

Mon quartier est très multiculturel, majoritairement musulman — Liban, Koweït et autres pays du Moyen-Orient. Restaurants, banques, cafés : tout est en consonance arabe. C’est ici, à Londres, que j’ai vu un shisha pour la première fois. Oui oui… en 1999.
En soirée, direction Miss Saigon.
Très mal assis, avec en bonus un petit morveux à ma gauche qui joue avec la lumière de sa montre fluo et mange comme au cinéma. Quand les lumières s’éteignent, je change de place — beaucoup mieux.
Le spectacle est excellent. Kim est fabuleuse, Chris très solide, et l’Engineer — l’ami de Stéphane — est franchement impressionnant.
Sur le chemin du retour, je croise deux policiers avec un gars menotté. Dans le métro, les gens en parlent : il venait de voler une petite vieille. Ici, même les écrans du métro avertissent quand il y a un pickpocket en action.
Retour à l’hôtel, gros dodo.
Demain : Big Ben Tower.
Ce matin, je me lève… trop tard pour le déjeuner à l’hôtel. Il est 9 h 05. Rideau fermé.
Plan B : McDo.
Il est environ 9 h 45 et devinez quoi ?
Les déjeuners sont aussi terminés.
Et là, le drame :
je vois des gens boire du Coke et manger des Big Mac à 9 h 45 du matin.
Ouch.
Je me suis donc pitché sur un jus d’orange et un café.
Je mangerai plus tard… en espérant survivre jusque-là.
Ensuite, direction la Tower of London.
Je la visite seulement de l’extérieur, parce qu’entrer coûte près de 25 £. C’est cher.
Mais bon… Londres, c’est simple : tout est cher.

Je monte ensuite sur le London Bridge, où je prends le temps de flâner un bon moment, avant de retourner tranquillement vers l’hôtel.
En chemin, arrêt au Half Price Ticket Center pour trouver un spectacle pour ce soir.
Pas grand-chose de disponible, alors je choisis une revue musicale intitulée « Soul Train », ambiance Motown, soul et groove.
En soirée, direction le théâtre. Et là… surprise totale.
Moi qui avais acheté un billet à 15,50 £ dans le upper circle, on me change de place pour le parterre, parce que le balcon est fermé par manque de public.
Résultat :
✔ super bien placé
✔ un show ultra dynamique
✔ le public debout à danser et chanter
Un spectacle qui me rappelle beaucoup Smokey Joe’s Café. J’ai adoré.

Après le show, retour à l’hôtel. En route, je repère le bus qui m’emmènera directement à Victoria Station, d’où je prendrai le train pour Gatwick.
Car oui…c’est demain matin que je retourne à Montréal.
Les vacances, c’est le fun… mais on est toujours bien chez nous
Après le déjeuner, direction la gare, puis train jusqu’à Gatwick (environ 30 minutes).
Arrivé à l’aéroport, j’appelle Joël… et je le réveille. Oups. J’avais oublié qu’il était 6 h 30 à Montréal
Je confirme avec lui l’heure d’arrivée, car à l’aéroport, rien n’indique un retard. Vers 12 h 15, je passe la douane et j’embarque finalement vers 13 h 30.
Le vol devait partir à 13 h 06, mais quitte à 13 h 40.
En plein vol, le pilote nous annonce un arrêt imprévu à Gander, au Labrador, pour faire le plein. Raison : beaucoup de vent au-dessus de l’Atlantique, donc plus de carburant nécessaire.
On reste environ 45 minutes à Gander… Puis direction Montréal.
Et voilà.
Mon voyage est terminé.
Et oui, j’ai fait un très beau voyage
